My work concentrates on the notion of ‘inhabiting a body’ – human, organic or animal. I introduce natural elements in my installations, such as plants, fruit and minerals, which I link up with objects and videos, thus rousing a dreamlike esthetic.

Starting from a premise that beauty is found in what can disappear and transform itself, I modify the state and the appearance of my pieces as well as their natural components. This allows me to develop symbolic objects which conflict with how we perceive our bodies. I attempt, with these installations, to bring to light the contradictions and the complexities of the fluctuations of living bodies – the transformation of robust and vivid entities to fragile and mortal shells.

The pieces that I am currently developing are part of a broader research around what I would like to call the ‘Original Garden’ – which would be considered as a symbolic reference to a place where everything started then disappeared, where the utopia of unspoiled beauty and absolute freedom would be shattered. By using mortal elements like fruit and plants – symbols of fulfillment, abundance, but also of sin – in deformed and rotten states, I attempt to show that failure is necessary to beauty. Faults allow us to construct ourselves. To create from what has ceased to function, from what is fragmented or broken, is essential to me. Organic tissue reveals the infinite complexity of the creative process.

Thicker and more robust than original skin, scarring tissue is in some way the vector of the impulse of life which exists in the transformation of living beings by time, despite difficulties and failures. I intend to create a parallel between all living things, and try to encourage the viewer to project their own body onto the objects that surround them. I see these transformed objects as mementos, which invite to perceive in mortality something precious. The sacredness of things does not reside in the fantasy of perfection or in absolute beauty, but to me in the celebration of what is bound to disappear.  

 

 

Mon travail se concentre sur la notion ‘d’habiter un corps’ - humain, végétal ou animal. J’introduis dans mes installations des éléments naturels, comme des plantes, des fruits ou des minéraux, que je mêle à des objets et des vidéos empruntant souvent une esthétique onirique.

Partant de l’idée que la beauté se trouve dans ce qui peut disparaître et se transformer, je modifie l’état et l’apparence de mes pièces et de leurs composants naturels. Cela me permet de développer des objets-symboles qui se heurtent à la réalité que l’on se donne de son propre corps. Je tente, à travers ces installations, de mettre en évidence les contradictions et les complexités de la fluctuation des corps vivants, comme celles de leur transformation d’entités robustes et vivantes en coquilles fragiles et mortelles.

Les pièces que je développe actuellement font parties d’une recherche plus vaste autour de ce que j’aimerais appeler le ‘Jardin Originel’ - qui serait en quelque sorte la référence symbolique d’un lieu où tout aurait commencé et puis disparu, où l’utopie de la Beauté parfaite et de la liberté absolue serait brisée. En utilisant des éléments mortels comme des fruits et des plantes - symboles de plénitude, d’abondance mais aussi de péché  - dans des états déformés, pourris, je tente de montrer que l’échec est nécessaire à la beauté, les défauts nous permettent de - nous - construire. Créer à partir de ce qui ne fonctionne plus, de ce qui est brisé est ce qui me semble essentiel. Le tissu organique révèle l’infinie complexité de ce processus de création.

Plus épais et robuste que la peau originelle, le tissu cicatriciel est en quelque sorte vecteur d’une pulsion de vie qu’il y a dans la transformation des êtres vivants par le temps, malgré les difficultés ou les échecs. Je cherche à créer un parallèle entre tout être vivant, et tente d’encourager le spectateur à projeter son propre corps sur ceux des objets qui l’entourent. Je vois ainsi ces objets transformés comme des memento qui appellent à percevoir dans la mortalité quelque chose de précieux. La sacralité des choses ne résiderait pas dans l’inatteignable fantasme de la perfection ou de la Beauté absolue, mais se cacherait à mon sens dans la célébration de ce qui est amené à disparaître.